Chef lyonnais cuisinant sur place à partir de produits bruts
Restaurateurs

Mention « fait maison » : que préparer avant la réforme ?

L'équipe thegoodseat20 juillet 20267 min de lecture

Le Conseil national de la consommation a adopté le 2 juin 2026 un avis sur la mention « fait maison », publié le 3 juillet. Ce document prépare une réforme mais ne modifie pas encore les règles : aujourd'hui, seuls les plats préparés sur place à partir de produits bruts, avec les exceptions prévues, peuvent porter la mention.

La mention « fait maison » a-t-elle déjà changé en juillet 2026 ?

Non. L'actualité est la publication d'un avis du Conseil national de la consommation, pas celle d'un décret ou d'une loi modifiant immédiatement vos obligations. Le CNC a adopté cet avis le 2 juin 2026 après une consultation lancée en février ; la page officielle a été publiée le 3 juillet.

Avis ne veut pas dire nouvelle règle

Continuez d'appliquer le Code de la consommation en vigueur. N'annoncez pas à vos clients une définition future tant qu'un texte opposable et sa date d'entrée en vigueur ne sont pas publiés.

Quelles règles s'appliquent aujourd'hui au « fait maison » ?

La règle actuelle repose sur deux idées : le plat est élaboré sur place et à partir de produits bruts. Certaines exceptions sont admises pour des produits que le client ne s'attend pas à voir fabriqués par le restaurateur, comme le pain, les fromages, certaines charcuteries, les matières grasses ou la farine. La fiche officielle du ministère détaille la liste et les cas particuliers.

SituationCe que vous pouvez afficherRéflexe à adopter
Toute la carte est éligibleMention globale visible ou mention plat par platConserver les fiches recettes et achats
Une partie seulement est éligibleMention en face de chaque plat concernéÉviter toute ambiguïté sur les autres plats
Aucun plat n'est éligibleNi « maison », ni « fait maison », ni logoRevoir les allégations de la carte et du web
Cuisine centralePas de mention pour les plats livrés aux restaurants collectifsVérifier les exceptions liées à votre activité
Règles en vigueur au 20 juillet 2026 — articles L. 122-19 à L. 122-21 et D. 122-1 à D. 122-3 du Code de la consommation.

Qui est concerné par le chantier de réforme ?

L'annonce ministérielle vise un périmètre large : restauration commerciale et collective, métiers de bouche, traiteurs, bouchers-charcutiers et grandes et moyennes surfaces. Pour un restaurateur indépendant, l'enjeu est donc aussi la lisibilité face à des acteurs qui ne produisent pas et ne servent pas de la même façon.

Le bon angle n'est pas d'essayer de deviner le futur logo. Il consiste à rendre vos propres recettes auditables : qui transforme quoi, où, avec quel ingrédient et quelle exception réglementaire ? Cette base restera utile quelle que soit la forme finale de la réforme.

Mise en place de produits bruts dans une cuisine professionnelle
Une fiche recette reliée à des produits bruts rend la promesse « fait maison » beaucoup plus facile à prouver.

Comment auditer sa carte sans ralentir la cuisine ?

Commencez par les plats signalés « fait maison », puis remontez ingrédient par ingrédient. Une vérification courte par famille de recettes est plus réaliste qu'un grand chantier annuel. Elle peut aussi révéler des achats prêts à l'emploi qui alourdissent le coût sans apporter de vraie valeur.

  • Associez chaque plat à une fiche recette datée et à son lieu de préparation.
  • Classez les ingrédients entre bruts, transformés et exceptions autorisées.
  • Vérifiez que la carte papier, le site, les plateformes et les ardoises racontent la même chose.
  • Conservez factures et fiches techniques fournisseurs pour répondre rapidement à un contrôle.
  • Formez la salle à expliquer la promesse sans l'élargir à toute la carte par réflexe.

Ce travail rejoint directement le pilotage du food cost sans sacrifier la qualité : une recette claire est plus simple à chiffrer, à reproduire et à défendre.

Quels mots de la carte faut-il vérifier dès maintenant ?

Ne contrôlez pas seulement le logo officiel. Les expressions « maison », « de notre cuisine », « artisanal » ou toute présentation valorisante peuvent créer une attente précise chez le client. Une allégation inexacte peut relever des pratiques commerciales trompeuses, même en l'absence d'une sanction spéciale réservée au « fait maison ».

Équipe de restaurant vérifiant la composition d'un plat fait maison
Cuisine et salle doivent partager la même définition de chaque plat avant de l'expliquer au client.

Si votre identité repose sur une cuisine lyonnaise traditionnelle, comparez aussi votre discours aux repères d'un bouchon lyonnais et aux promesses visibles parmi les restaurants de Lyon. L'authenticité se construit avec des faits : recettes, origine des produits et gestes réalisés sur place.

Comment suivre la réforme sans refaire sa carte deux fois ?

Désignez une personne chargée de surveiller les publications de Bercy et de Légifrance. Préparez les données, mais attendez le texte final avant de réimprimer menus ou signalétique. À la publication, vérifiez quatre points : définition, exceptions, périmètre, délai d'entrée en vigueur.

Profitez de cette veille pour renforcer les autres fondamentaux : réduction du gaspillage alimentaire, cohérence fournisseurs et traçabilité. Retrouvez aussi thegoodseat pour découvrir les restaurants lyonnais et les outils pensés pour leurs équipes.

Faites connaître votre cuisine aux bons moments

Avec thegoodseat Pro, activez une offre ciblée quand votre salle en a besoin et valorisez une expérience claire auprès de nouveaux clients.

Découvrir l'offre Pro

Envie de tester ?
Téléchargez l'app.

Découvrez chaque jour les meilleurs deals des restaurants lyonnais.