Qu'est-ce qui a changé pour Lyon au Michelin 2026 ?
Le palmarès 2026 a été dévoilé le lundi 16 mars au Grimaldi Forum de Monaco, devant plus d'un millier de chefs et de journalistes. Au national, le guide aligne un record : 668 tables étoilées, dont 62 nouvelles étoiles — 54 premières étoiles, 7 deuxièmes et un seul nouveau trois-étoiles, Les Morainières de Michaël Arnoult, en Savoie.
Côté lyonnais, le millésime est franchement positif : trois tables décrochent leur étoile — Circle, L'Étape Dorée et Les Loges — quand la seule perte de l'année, Les Terrasses de Lyon, relève d'une fermeture pour travaux, pas d'une sanction de l'assiette. Après un cru 2025 marqué par plusieurs départs liés à des fermetures, la dynamique repart clairement à la hausse.
Circle : c'est quoi, cette table étoilée en à peine un an ?
C'est l'histoire qui a fait parler tout Lyon : Circle, ouvert au 11 rue Chavanne (Lyon 1ᵉʳ, Presqu'île) dans les anciens murs de Prairial, décroche l'étoile environ un an après son ouverture. Aux manettes, Bastian Ruga, chef d'une trentaine d'années passé par Têtedoie, Prairial et Dinner by Heston Blumenthal à Londres, épaulé en salle par la maître d'hôtel Agathe Drevet.
La proposition sort des sentiers battus : une cuisine « sans tabou » à dominante végétale, nourrie d'influences d'Afrique du Nord et d'Asie, servie en menu dégustation « à l'aveugle » — pas de carte fixe, on se laisse porter. À l'ouverture, le menu déjeuner s'affichait dès 40 € et les dégustations en 6 ou 8 services autour de 65 à 85 € ; des tarifs qui ont pu évoluer depuis l'étoile, à vérifier au moment de réserver.

L'Étape Dorée : pourquoi filer jusqu'à Saint-Genis-Laval ?
Deuxième promu, L'Étape Dorée joue à domicile… en périphérie : le restaurant de Yo Miyazaki s'est installé au 137 chemin de Moly, à Saint-Genis-Laval, au sud-ouest de la métropole, après avoir quitté L'Arbresle en mars 2025. Le chef japonais, autodidacte formé notamment chez Takao Takano, y travaille en trio avec le sommelier Hiroki Hashino et le chef de salle Constant Delouis.
Au programme : un menu dégustation unique en 9 services, franco-japonais, construit sur les produits locaux et le potager maison — truite de l'Isère marinée au miso blanc ou pigeon rôti à l'ail noir, selon la saison. Côté budget, comptez environ 100 € et plus par personne, la maison ne communiquant pas de grille publique détaillée.

Les Loges : comment retrouve-t-on une étoile en dix mois ?
Le troisième promu est une étoile… retrouvée. Aux Loges, la table gastronomique de l'hôtel Cour des Loges (6 rue du Bœuf, Vieux-Lyon), Anthony Bonnet avait décroché l'étoile en 2012 — avant de la perdre mécaniquement quand l'établissement a fermé pour une longue rénovation. Dix mois après la réouverture de mai 2025, le chef, fidèle à la maison depuis plus de vingt ans, la récupère.
Sous la verrière historique de cette cour Renaissance, sa cuisine revendique le terroir lyonnais et les produits de la région. Côté tarifs, le site de la maison annonce des menus d'environ 125 à 165 € selon la formule — à confirmer à la réservation.

Pourquoi Les Terrasses de Lyon ont-elles perdu leur étoile ?
La seule ombre au tableau lyonnais n'en est pas vraiment une. Les Terrasses de Lyon, la table de la Villa Florentine (Lyon 5ᵉ), sort des étoilés 2026 parce que l'établissement, racheté début janvier 2026 par le groupe Beauvallon, a fermé pour travaux — et la règle du guide est mécanique : fermeture temporaire = retrait des distinctions. La réouverture a été annoncée pour fin avril 2026, avec un possible retour au palmarès dès 2027.
Deux autres départs, zéro sanction
Le Gourmet de Sèze (Lyon 6ᵉ) a quitté le guide après la retraite de son chef à l'été 2025, et La Sommelière (Vieux-Lyon) après sa fermeture fin 2025. Aucune table lyonnaise ne s'est vu retirer son étoile pour la qualité de l'assiette en 2026.
Quelles sont toutes les tables étoilées de Lyon en 2026 ?
Petit rappel qui surprend toujours : Lyon, capitale de la gastronomie, ne compte aucun trois-étoiles — l'Auberge du Pont de Collonges, la maison de Paul Bocuse, est à deux étoiles depuis 2020. La métropole aligne en revanche quatre tables doublement étoilées et une dizaine d'étoilées simples intra-muros, selon le comptage de la presse locale et de l'office de tourisme.
| Table | Étoiles | Quartier / commune |
|---|---|---|
| Auberge du Pont de Collonges (Paul Bocuse) | 2 ★ | Collonges-au-Mont-d'Or |
| La Mère Brazier | 2 ★ | Lyon 1ᵉʳ (pentes de la Croix-Rousse) |
| Le Neuvième Art | 2 ★ | Lyon 6ᵉ |
| Takao Takano | 2 ★ | Lyon 6ᵉ |
| Circle — nouveau 2026 | 1 ★ | Lyon 1ᵉʳ (Presqu'île) |
| Les Loges — nouveau 2026 | 1 ★ | Lyon 5ᵉ (Vieux-Lyon) |
| L'Étape Dorée — nouveau 2026 | 1 ★ | Saint-Genis-Laval |
| Prairial | 1 ★ | Lyon 2ᵉ (Confluence) |
| Têtedoie | 1 ★ | Lyon 5ᵉ (Fourvière) |
| Au 14 Février | 1 ★ | Lyon 5ᵉ (Vieux-Lyon) |
| Rustique | 1 ★ | Lyon 2ᵉ |
| Miraflores | 1 ★ | Lyon 6ᵉ |
| Ombellule | 1 ★ | Lyon 6ᵉ |
| L'Atelier des Augustins | 1 ★ | Lyon 1ᵉʳ |
| Burgundy by Matthieu | 1 ★ | Lyon |
| Saisons | 1 ★ | Écully |
Côté budget, les ordres de grandeur restent classiques : comptez souvent 40 à 90 € pour un déjeuner ou un premier menu chez un étoilé simple, et des menus dégustation qui grimpent en centaines d'euros sur les tables doublement étoilées. Chaque maison fixe librement ses prix — le réflexe sain est de vérifier la grille en ligne avant de réserver.
L'étoile est hors budget ? Direction les Bib Gourmand 2026
Le Michelin, ce n'est pas que l'étoile : le Bib Gourmand distingue les bonnes tables à prix doux, et la cuvée 2026 gâte Lyon avec quatre nouvelles adresses — Accentué (Lyon 7ᵉ) et sa cuisine voyageuse, Cinq Mains (Lyon 5ᵉ), La Meunière (Lyon 1ᵉʳ), bouchon historique de 1921, et La Virée (Lyon 3ᵉ). Au total, la ville compterait une quinzaine de Bib Gourmand selon la presse locale, et le Rhône en gagne deux autres dans les monts d'Or.
Et si même le Bib attend le prochain salaire, la ville regorge de valeurs sûres : les vrais bouchons lyonnais pour la tradition, nos idées pour manger ce soir à Lyon quartier par quartier, et les bouchons sélectionnés sur thegoodseat quand l'envie de quenelle ne négocie pas.
« On s'offre un étoilé une fois par an, pour un anniversaire. Le reste du temps, c'est bouchon ou Bib Gourmand — Lyon sait régaler à tous les prix. »
Que dit ce millésime 2026 de la scène lyonnaise ?
Trois enseignements. Un : la relève est là — quand une table comme Circle décroche l'étoile un an après son ouverture, c'est toute une génération de chefs trentenaires qui prend date. Deux : la gastronomie lyonnaise déborde de ses murs, de Saint-Genis-Laval à Écully, et récompense ceux qui font le déplacement. Trois : le modèle hôtel + table étoilée, illustré par la Cour des Loges, offre à la haute cuisine un coussin économique dont elle a besoin — la rentabilité d'un étoilé reste fragile.
Le paradoxe du moment, on l'a décortiqué dans notre essai street food vs gastronomie : pendant que les festivals de cuisine de rue battent des records d'affluence, la table étoilée bat des records… d'étoiles. Les deux mondes ne s'opposent plus, ils se répondent — et Lyon, avec ses guides par quartier et par envie, reste le meilleur endroit de France pour en profiter.
Étoilé un soir, bouchon le lendemain
Entre deux grandes occasions, thegoodseat déniche chaque jour des tables lyonnaises à prix doux — de la trattoria du coin au bistrot qui monte. La grande cuisine attendra, votre appétit non.
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